Publié dans Politique

Pouvoir sous menace - Cinquante ans de complots contre les dirigeants malgaches

Publié le lundi, 20 avril 2026

Depuis l’indépendance, Madagascar a connu de nombreuses affaires qualifiées de complots ou de tentatives visant le sommet de l’Etat. Cependant, parmi toutes ces menaces, un seul attentat contre un Chef de l’Etat a vraiment abouti.

Le 11 février 1975, le colonel Richard Ratsimandrava fut assassiné à Antananarivo, quelques jours après sa nomination à la tête de l’Etat. Son convoi fut attaqué en pleine rue à Ambohijatovo- Ambony et sa disparition plongea le pays dans une crise politique majeure. Malgré une instruction judiciaire et des condamnations, les véritables commanditaires n’ont jamais été totalement identifiés, laissant une voile d’ombre sur cette page tragique de l’histoire politique malgache.

Des multiples complots sous Didier Ratsiraka

Dans les années 1980, sous la présidence de Didier Ratsiraka, les autorités présentaient une série d’affaires comme des complots contre le régime révolutionnaire. L’affaire Ramaroson, celle du commandant Richard Hygin Andriamaholison qui fut libéré après l’intervention du président français, François Mitterrand  ou encore des accusations plus fantaisistes comme l’“attentat au stylo-pistolet” alimentaient un climat de suspicion sécuritaire. Beaucoup de ces dossiers se terminaient par des acquittements ou des revers judiciaires, et aucune de ces affaires n’a donné lieu à un assassinat avéré.

Dans les années 1990, avec l’arrivée d’Albert Zafy après l’ouverture démocratique, ces dossiers semblaient s’atténuer, même si les tensions politiques restaient présentes. 

Un épisode très médiatisé a refait surface en 2021 avec l’affaire Apollo 21, ciblant alors le Président Andry Rajoelina. Ce dossier, présenté comme un complot structuré mêlant assassinat et coup d’Etat, a conduit à des arrestations et à des poursuites judiciaires. Mais, comme dans la plupart des affaires précédentes, l’opération a est déjouée avant tout passage à l’acte, et aucun assassinat n’a été commis.

Deux tentatives déjouées contre le Président de la Refondation 

La situation politique bascule à nouveau en octobre 2025 lorsque le colonel Michaël Randrianirina, chef de l’unité d’élite CAPSAT, prend le pouvoir à l’issue de manifestations de grande ampleur et du départ de son prédécesseur avant de devenir par la suite Président de la Refondation de la République. Dès novembre 2025, une tentative d’assassinat visant le colonel Michaël Randrianirina est déjouée par le service de renseignement. Lors d’une conférence de presse, le directeur de la Central intelligence service, le contrôleur général de police, Ruffin Lebiria annonce l’arrestation de deux individus suspectés d’avoir préparé un projet de coup d’Etat et d’élimination physique du Chef de l’Etat. Des armes et une importante somme d’argent sont saisies lors d’une perquisition, mais les commanditaires restent à identifier. 

Cette affaire prend une tournure encore plus grave en mars‑avril 2026, lorsqu’une enquête judiciaire révèle l’existence d’un complot plus structuré. Treize personnes, dont des officiers supérieurs et un Général, sont inculpées pour leur rôle présumé dans une opération visant à assassiner le Président Randrianirina et à renverser les institutions. Des échanges WhatsApp repérés par les enquêteurs, ainsi que d’importantes saisies de fonds — certains mis en cause reconnaissant qu’environ 20 milliards d’ariary issus de leurs comptes personnels devaient servir au financement du projet — témoignent de l’ampleur du dossier. Onze suspects ont été placés en détention, tandis que des mandats d’arrêt sont encore en cours pour d’autres. Contrairement à une grande partie des affaires politiques du passé, ce complot se distingue par une base matérielle et judiciaire tangible, même si la tentative reste avortée.

De Richard Ratsimandrava au colonel Michaël Randrianirina, l’histoire politique malgache révèle une vérité constante : les accusations de complots sont nombreuses, mais le passage à l’acte est extrêmement rare. L’unique assassinat réussi, en 1975, continue de peser sur la mémoire collective du pays et rappelle à quel point la stabilité du pouvoir reste une question sensible dans la Grande île.

Tsilavina Randria 

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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